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Santé et itinérance
L'itinérance
est un problème grandissant au Canada qui touche les populations
urbaines et rurales. Il y a environ 17 millions de personnes au Canada
qui sont soit sans-abri, soit en grand besoin de logement abordable;
ces deux situations ont de lourdes répercussions sur la santé. De plus,
le manque d’accès à des abris convenables nuit à l’ensemble des
déterminants de la santé. De façon générale, ce manque affecte les
personnes, les familles et les collectivités. Voilà pourquoi les
soignants, y compris le personnel infirmier, doivent jouer un rôle de
leadership pour promouvoir et défendre les programmes qui favorisent le
logement à prix abordable et doivent veiller à la santé de tous.
Bien
qu’il n’existe pas de définition concrète de l’itinérance, il y a des
classifications établies. Selon L’Association des infirmières et
infirmiers autorisés de l’Ontario (2004), « Il y a différents degrés
d’itinérance :
L’itinérance absolue : Personne vivant dans la rue ou dans des refuges publics ou privés
L’itinérance cachée : Personne vivant provisoirement chez des amis ou en famille
Le risque d’itinérance : Personne vivant dans un logement non conforme aux normes ou qui risque de perdre son logement. »
La
population itinérante comprend également des familles, des individus et
des jeunes. Dans l’enquête longitudinale menée auprès des itinérants
d’Ottawa en 2002 et 2003, 17 % des répondants ont déclaré qu’ils
étaient d’origine autochtone, mais ils représentaient seulement 1 % de
la population générale d’Ottawa » (www.unitedwayottawa.ca).
Le problème d’itinérance compte plusieurs sources : l’éviction, le
chômage, l’incapacité de payer le loyer, les conflits, ainsi que les
problèmes de santé physique et mentale. Par conséquent, une évaluation
globale pourrait servir comme outils complémentaires à la faculté et
aux ressources des sciences infirmières.
Il
y a une corrélation directe entre l'itinérance, les résultats pour la
santé et l’accès aux services de santé. De plus, les itinérants sont
plus exposés au risque de maladie chronique ou mortelle comme on le
constate avec l’augmentation de cas de tuberculose. Les itinérants sont
de 20 à 300 fois plus à risque de contracter la tuberculose.
Au
fil des ans, de nombreux programmes d’accès au logement ont été réduits
ou annulés. De 1984 à 1993, le gouvernement fédéral a réduit son
financement du programme national de l'habitation de deux milliards de
dollars; la plus grande réduction a eu lieu en 1993 avec l’annulation
du programme national de l'habitation. Les réductions draconiennes de
la sorte engendrent inévitablement de lourdes pertes. En 2000, le
gouvernement fédéral a tenu une rencontre interprovinciale sur le
logement qui annonçait le plan de création de logement abordable.
Toutefois, il n’y a toujours pas de stratégie nationale concrète en
matière de logement. Au lieu, on a fait des promesses sans vraiment les
concrétiser. Les gouvernements et les citoyens doivent respecter leurs
engagements et mettre sur pieds des stratégies pour éliminer
l’itinérance et la pauvreté.
Les
militants travaillent déjà sur différentes initiatives, dont la
campagne « Abolissons la pauvreté » et la « 1 % Solution ». La campagne
« Abolissons la pauvreté » vise à améliorer l’aide financière et la
justice dans le commerce et à éliminer l'endettement et la pauvreté
infantile au Canada (www.makepovertyhistory.ca).
Le comité de secours aux sinistrés «The Toronto Disaster Relief
Committee (TDRC)» est l’instigateur de la campagne « 1 % Solution» pour
inciter tous les paliers gouvernementaux à doubler leur engagement
envers les programmes d'habitation en rétablissant leur budget et en
les renouvelant (www.tdrc.net).
L’AEIC
croit que le personnel et les étudiants infirmiers doivent contribuer à
l’abolition de l’itinérance. La pratique infirmière sera inévitablement
touchée par l’itinérance et le manque de logement abordable à cause des
effets émotionnels, mentaux, physiques et physiologiques qu’ils ont sur
les personnes aux prises avec des problèmes de logement. Nous avons la
responsabilité d’éduquer et de sensibiliser tous les paliers
gouvernementaux, les professionnels de la santé et le grand public.
Nous devons endosser et appuyer les initiatives qui peuvent inciter
tous les paliers gouvernementaux et les décideurs à reconnaître la
crise causée par l’itinérance et le manque de logement social au Canada
et à intervenir.
Références:
Stamler & Yui (2005). Community Health Nursing a Canadian Perspective: Poverty and Homelessness. Prentice Hall: Toronto, ON: pp.283-297.
Toronto Disaster Relief Committee (2005). National
Housing and Homelessness 2005 - Promises made, Promises betrayed:
National report card grades federal housing effort as a failure. Récupéré le 30 novembre 2005 du http://www.tdrc.net
Toronto Disaster Relief Committee (2000). An
Open Letter Canadians Housing Ministers: Canada's nation-wide housing
crisis demands a nation-wide solution: $2 billion in new funding for
social housing. Récupéré le 1 août 2005 du http://www.tdrc.net
Toronto Disaster Relief Committee. One Percent Solution. Récupéré le 1 août 2005 du http://www.tdrc.net
Tuberculosis Action Group (2003). TB or not TB? There is no question. Récupéré le 1 août 2005 du http://www.tdrc.net
United Way of Ottawa (2005). Experiencing Homelessness – The first report card on Homelessness in Ottawa 2005. Récupéré le 1 août 2005 du http://www.unitedwayottawa.ca
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